MER vs ROAS : la différence, le calcul, et lequel piloter.

Bastien GeneixMis à jour le 2 octobre 2026 · 9 min de lecture

Le ROAS divise ce qu'une régie s'attribue par ce qu'elle a coûté. Le MER divise tout votre chiffre d'affaires par toute votre dépense média. Le premier juge une campagne, le second juge votre budget. Et les ROAS des régies, mis bout à bout, dépassent presque toujours la réalité : une même vente y est comptée plusieurs fois. Pilotez le budget au MER, comparez les campagnes au ROAS, et regardez l'écart entre les deux chaque mois.

Quelle est la différence entre MER et ROAS ?

Les deux rapportent un revenu à une dépense publicitaire. Tout le reste les sépare : qui compte le revenu, sur quel périmètre, et donc à quelle question ils répondent.

ROASMER
La questionCette régie, cette campagne, rapporte-t-elle ?Mon budget média, au total, rapporte-t-il ?
La formuleRevenu attribué par la régie ÷ dépense de la régieChiffre d'affaires total ÷ dépense média totale
Qui compte le revenuLa régie, selon sa propre fenêtre d'attributionVous : vos commandes, ou votre outil d'analyse
Ce qu'il voitUne régie à la foisTout le site, toutes les régies
Son biaisOptimiste : une vente peut être revendiquée par plusieurs régiesGlobal : il ne dit pas quel canal a fait la vente
À quoi il sertComparer des campagnes d'une même régieFixer et défendre le budget

Comment calculer le MER ?

MER = chiffre d'affaires de la période ÷ dépense média de la période

Le MER, pour marketing efficiency ratio, ne demande à aucune régie ce qu'elle a fait. Il prend ce que vous avez réellement vendu et le divise par tout ce que vous avez dépensé en publicité, toutes régies confondues. Un MER de 3,8 veut dire que chaque euro de publicité est allé de pair avec 3,80 € de ventes.

Trois choix décident de sa justesse, et ils se font une fois pour toutes :

  • Le chiffre d'affaires : celui de vos commandes encaissées, net des remboursements, plutôt que celui de votre outil d'analyse, qui en perd une partie.
  • La base : HT ou TTC, mais la même au numérateur et au dénominateur, chaque mois.
  • La dépense : toutes les régies, plus ce qui passe hors des régies (influence, partenariats) si vous le comptez.

Comment calculer le ROAS ?

ROAS = revenu attribué par la régie ÷ dépense dans cette régie

Le ROAS, pour return on ad spend, se lit dans chaque gestionnaire de publicités. Le revenu n'y est pas le vôtre : c'est celui que la régie s'attribue, selon ses propres règles. Meta compte une conversion jusqu'à un ou sept jours après un clic sur la publicité, et jusqu'à un jour après une simple vue. Google Ads, par défaut, la compte jusqu'à 30 jours après un clic. Chaque régie juge donc avec sa propre montre.

Pourquoi la somme des ROAS dépasse‑t‑elle votre chiffre d'affaires ?

Parce qu'une même vente peut être revendiquée deux fois. Une cliente voit une publicité Instagram lundi, cherche la marque sur Google mercredi, clique sur une annonce et achète. Meta compte la vente, au titre de la vue. Google la compte aussi, au titre du clic. Votre boutique, elle, n'a encaissé qu'une commande.

Voici un mois d'une boutique d'exemple, celui que montre la capture plus bas :

Août, boutique d'exempleDépenseRevenu revendiquéROAS
Meta Ads49 600 €223 200 €4,5×
Google Ads34 240 €154 080 €4,5×
Les deux régies83 840 €377 280 €4,5×
Chiffre d'affaires encaissé318 600 €MER 3,8×

Les deux régies affichent chacune un ROAS de 4,5. Ensemble, elles revendiquent 377 280 € de ventes. La boutique en a encaissé 318 600 €. Au moins 58 680 € de ce que les régies revendiquent n'a jamais existé dans la caisse. C'est un minimum : l'écart réel est plus grand, puisque une partie des 318 600 € vient de canaux sans publicité, comme le référencement naturel ou le trafic direct.

D'où une règle simple : on n'additionne jamais le revenu de deux régies. Pour juger le total, on part de vos ventes.

Kyras, Mix Marketing : MER blended réel 3,8× face au ROAS revendiqué 4,5× par les régies, sur une boutique d'exemple.
Dans Kyras. Le Mix Marketing met les deux chiffres face à face, chaque jour : le MER réel, calculé sur vos commandes, et le ROAS que les régies revendiquent. Voir le Mix Marketing

MER ou ROAS : lequel piloter ?

Les deux, pour deux décisions différentes.

  • Le budget du mois, et sa défense en comité : le MER. Il est le seul qu'aucune régie ne peut gonfler. S'il baisse pendant que les ROAS montent, c'est que les régies se disputent les mêmes ventes.
  • Le choix entre deux campagnes d'une même régie : le ROAS. Comparées avec la même règle d'attribution, deux campagnes se départagent correctement. Comparer le ROAS de Meta à celui de Google, en revanche, revient à comparer deux montres réglées différemment.
  • La question « cette régie m'apporte-t-elle des ventes en plus ? » : ni l'un ni l'autre. Elle demande de mesurer ce qui se passe quand on coupe ou qu'on réduit, par exemple sur une partie du territoire. Le MER, suivi semaine après semaine, en donne le premier signal.

Quel MER viser ? Le seuil de rentabilité

MER de rentabilité = 1 ÷ taux de marge brute

Avec 60 % de marge brute, chaque euro de vente laisse 0,60 € pour payer la publicité. Il faut donc au moins 1,67 € de ventes par euro dépensé pour ne pas perdre d'argent sur la publicité seule. En dessous de 1,67, la publicité coûte plus qu'elle ne rapporte. Au-dessus, elle dégage de la marge, qui doit encore couvrir la logistique, l'équipe et le reste.

Le même calcul vaut pour un ROAS, campagne par campagne, à condition de garder en tête qu'il est optimiste.

Cinq pièges qui faussent un MER

  1. Mélanger HT et TTC. Les régies déclarent souvent un revenu TTC, votre comptabilité raisonne HT. Choisissez une base et tenez-la des deux côtés : 20 % de TVA font passer un MER de 3,8 à 3,2. Kyras affiche la base retenue à côté du chiffre.
  2. Oublier les remboursements. Un chiffre d'affaires brut gonfle le MER des mois de soldes et de retours. Prenez le chiffre d'affaires net des remboursements, celui de vos commandes.
  3. Prendre le revenu de l'outil d'analyse au lieu de la boutique. GA4 ne voit pas les visiteurs qui refusent les cookies : son revenu est presque toujours inférieur à vos ventes. Votre MER sort alors trop bas. Les commandes encaissées font foi, l'outil d'analyse vient en second.
  4. Lire un mois que les régies n'ont pas fini de compter. Meta et Google attribuent encore des ventes plusieurs jours après la fin du mois, et révisent leurs chiffres. Un ROAS lu le 2 ne sera pas celui du 30. Kyras relit les 35 derniers jours de chaque régie pour suivre ces révisions.
  5. Oublier une dépense. Une régie non branchée, une opération d'influence, un salon : si la dépense manque, le MER est flatteur. Dans Kyras, la dépense hors connecteurs se déclare et s'ajoute au total.

Sources

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande avant de brancher.

Un bon MER, c'est combien ?

Il n'existe pas de bon MER dans l'absolu : tout dépend de votre marge. Le seuil sous lequel la publicité vous coûte plus que ce qu'elle rapporte vaut 1 divisé par votre taux de marge brute. Avec 60 % de marge, ce seuil est à 1,67. Au-dessus, chaque euro de pub rapporte de la marge ; à vous de décider combien il en faut pour couvrir le reste de vos coûts.

Faut-il inclure les frais d'agence dans le MER ?

C'est un choix, pourvu qu'il reste le même d'un mois sur l'autre. Le MER le plus courant ne compte que la dépense média. Si vous ajoutez les frais d'agence ou de création, dites-le à côté du chiffre.

Quelle différence entre MER et ROI ?

Le MER compare un chiffre d'affaires à une dépense. Le ROI compare un bénéfice, donc après marge et après tous les coûts, à un investissement. Un MER de 3 peut cacher un ROI négatif si la marge est faible.

Et le POAS ?

Le POAS divise la marge brute par la dépense publicitaire, là où le ROAS divise le chiffre d'affaires. C'est un ROAS corrigé de la marge. Il demande de connaître le coût de chaque produit vendu.

Comment calculer un MER en génération de leads ?

Sans chiffre d'affaires en ligne, on raisonne en coût : la dépense média totale divisée par les leads réellement reçus donne le coût par lead réel, à comparer au coût par lead que revendiquent les régies. La page génération de leads le montre.

Votre MER réel, calculé chaque jour.

Branchez une source : Kyras vous montre ses chiffres et répond à deux de vos questions avant que vous ne payiez.

Ensuite, vous souscrivez. La formule Pro coûte 149 € HT au mois ; le trimestre, l'année et la formule Scale sont aussi proposés. Le montant choisi est prélevé dès la souscription, par carte. Pendant 14 jours après ce premier paiement, vous pouvez changer d'avis : il vous est remboursé en intégralité, une fois par espace (article 4 des CGV).